Après plusieurs mois de relative stabilité, le coût des nouveaux crédits immobiliers amorce une remontée mesurée. Pour les futurs acquéreurs, cette évolution mérite d'être suivie avec attention, car le taux d'emprunt influence la mensualité, la capacité d'achat et le coût total d'un projet immobilier.
Une évolution modérée, à replacer dans son contexte
Selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France, le taux d'intérêt moyen des nouveaux crédits à l'habitat hors renégociations s'est établi à 3,30 % en juillet 2026, contre 3,27 % en juin. Il s'agit d'une progression limitée, qui intervient après une phase de baisse puis de stabilisation observée depuis le début de l'année.
La Banque de France indique également que la production de nouveaux crédits à l'habitat hors renégociations s'est élevée à 11 milliards d'euros en juillet, contre 13,2 milliards en juin, un niveau qui reste dans la fourchette observée depuis fin 2024. Le crédit immobilier demeure donc accessible ; les conditions de financement évoluent progressivement et méritent simplement d'être intégrées dans la réflexion des ménages qui envisagent un achat.
Pourquoi les taux évoluent-ils ?
Cette évolution s'explique par plusieurs facteurs économiques et financiers. Réunie le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point, une deuxième hausse depuis le début de l'année. Depuis le 16 septembre, le taux de la facilité de dépôt s'établit à 2,50 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %.
Cette décision s'explique notamment par la remontée des prix de l'énergie durant l'été, qui a ravivé les tensions inflationnistes en zone euro. La BCE précise qu'elle prend ses décisions réunion après réunion, en fonction des données disponibles, sans s'engager à l'avance sur une trajectoire particulière. Il est donc trop tôt pour anticiper l'évolution précise des taux immobiliers dans les prochains mois.
Quel impact concret pour un acheteur ?
Une variation, même modérée, du taux peut avoir une incidence sur le coût d'un crédit souscrit sur une longue durée. À titre d'illustration, pour un emprunt de 250 000 € sur 20 ans, une évolution du taux peut modifier :
- le montant de la mensualité ;
- le coût total des intérêts ;
- la capacité d'emprunt du ménage ;
- le budget disponible pour le prix du logement.
Le taux obtenu ne doit toutefois jamais être considéré isolément. Le prix négocié du bien, l'apport personnel, la durée du prêt, l'assurance emprunteur et les frais liés à l'acquisition entrent tout autant dans le calcul du budget global d'un projet.
Une évolution parallèle des prix immobiliers
Cette remontée des taux intervient alors que les prix des logements connaissent, de leur côté, une période de réajustement. Selon l'INSEE, dans une publication du 18 septembre 2026, les prix des logements en France métropolitaine ont diminué de 1,0 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent.
Sur un an, la baisse atteint 0,8 %, portée principalement par les logements anciens, dont les prix reculent également de 0,8 %, tandis que ceux du neuf restent globalement stables. Le marché se trouve donc à la croisée de deux dynamiques : des prix qui se réajustent à la baisse et un coût du crédit qui recommence à progresser légèrement — deux évolutions qui, en partie, se compensent pour les acquéreurs.
Une situation qui reste maîtrisée
La hausse observée à ce stade reste modérée et ne remet pas en cause l'accessibilité du crédit immobilier. La production mensuelle de crédits à l'habitat oscille depuis fin 2024 dans une fourchette relativement stable, autour de 11 à 13 milliards d'euros, ce qui traduit un marché qui s'ajuste progressivement plutôt qu'un retournement brutal.
Autre élément de sécurité pour les emprunteurs : les crédits à taux fixe continuent de représenter la très grande majorité des prêts accordés aux ménages en France, où la part des crédits à taux variable reste nettement inférieure à la moyenne de la zone euro. Les emprunteurs français restent ainsi largement protégés contre les fluctuations ultérieures des taux une fois leur crédit signé.
Pour un futur acheteur, l'essentiel est donc de bien évaluer sa capacité d'emprunt en amont, afin d'aborder un projet immobilier avec des bases solides et une vision claire de son budget.